Quelles sont les étapes pour mettre en sommeil une société ?

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Mettre une société en sommeil permet de suspendre son activité sans la dissoudre. Cette solution peut convenir lorsqu’un dirigeant traverse une période de transition, attend un rebond économique ou cherche à préserver une structure juridique existante. La procédure est simple, mais elle implique des obligations qui ne disparaissent pas avec l’inactivité.

En bref

  • La mise en sommeil est une cessation temporaire d’activité, sans dissolution de la société.
  • Elle doit être déclarée au greffe du tribunal de commerce dans le mois suivant l’arrêt de l’activité.
  • Les obligations comptables et fiscales minimales perdurent pendant la période de sommeil.
  • La société doit reprendre une activité ou être dissoute dans un délai maximum de deux ans.

Qu’est-ce que la mise en sommeil ?

La mise en sommeil, appelée aussi cessation temporaire d’activité, est la situation dans laquelle une société cesse toute activité commerciale ou artisanale sans être dissoute. Elle conserve sa personnalité morale, son numéro SIREN, son inscription au RCS et ses contrats en cours (sauf résiliation).

Elle est distincte de la dissolution-liquidation, qui met fin définitivement à l’existence de la société. Elle est aussi différente de la cessation de paiements, qui relève du droit des procédures collectives.

Les étapes de la mise en sommeil

Étape 1 : décision de la gérance ou de la présidence

La décision de mettre la société en sommeil appartient au représentant légal (gérant de SARL, président de SAS). Dans certaines sociétés, les statuts prévoient une consultation préalable des associés. Vérifiez ce point avant d’engager la procédure.

Étape 2 : déclaration au guichet unique

Le représentant légal doit déclarer la cessation temporaire d’activité sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), dans le mois suivant l’arrêt effectif de l’activité. Le formulaire à utiliser est le M2 pour les sociétés commerciales.

À l’issue de cette démarche, le greffe du tribunal de commerce inscrit la mention « en sommeil » sur le Kbis de la société. Cette inscription est publique et visible dans les bases de données légales.

Étape 3 : information des organismes sociaux et fiscaux

La mise en sommeil ne dispense pas d’informer l’URSSAF et la DGFiP. Si la société n’a plus de salarié, les déclarations sociales doivent être régularisées. Les obligations de dépôt des déclarations fiscales (TVA, liasse fiscale) perdurent, même si les montants sont nuls.

Étape 4 : clôture des comptes annuels

La société en sommeil doit continuer à clôturer ses comptes annuels et à les déposer au greffe. Cette obligation s’applique même si le résultat est nul. Le non-dépôt expose la société à des injonctions et à des amendes.

💡 Conseil de l’expert Myne — Une société en sommeil génère des coûts fixes incompressibles : honoraires du cabinet pour les comptes annuels, cotisation foncière des entreprises (CFE) souvent maintenue, assurances à vérifier. Anticipez ces charges dans votre décision de mise en sommeil plutôt que de dissolution.

Les obligations qui perdurent

Obligations comptables

La tenue d’une comptabilité reste obligatoire. La société doit établir un bilan et un compte de résultat, même s’ils ne font apparaître aucune opération. Les comptes doivent être approuvés par les associés dans les délais légaux et déposés au greffe.

Obligations fiscales

La déclaration de résultats (formulaire 2065 pour l’IS) doit être déposée chaque année. Si la société est à la TVA, elle peut demander sa radiation du registre des assujettis dès lors qu’elle ne réalise plus d’opérations taxables. La CFE reste due, mais une exonération peut être demandée selon les communes.

Obligations sociales du dirigeant

Le gérant majoritaire de SARL reste affilié à la Sécurité sociale des indépendants. S’il ne perçoit aucune rémunération, des cotisations minimales forfaitaires sont tout de même exigibles. En 2025, ces cotisations minimales s’élèvent à environ 1 200 € par an.

Combien de temps peut durer une mise en sommeil ?

La loi ne fixe pas de durée maximale légale de mise en sommeil, mais en pratique, si une société reste en sommeil plus de deux ans, le greffe peut procéder à sa radiation d’office, ce qui entraîne sa dissolution. Il est donc recommandé de statuer sur l’avenir de la société avant ce délai : reprise d’activité ou dissolution-liquidation volontaire.

Formalité Délai Organisme
Déclaration de cessation temporaire Dans le mois suivant l’arrêt Guichet unique INPI (greffe)
Information URSSAF Dès l’arrêt URSSAF
Dépôt des comptes annuels Dans les 6 mois de la clôture Greffe du tribunal de commerce
Déclaration IS Dans les 3 mois de la clôture DGFiP
💡 Conseil de l’expert Myne — Si votre intention est de cesser définitivement l’activité, une dissolution-liquidation immédiate est souvent plus économique qu’une mise en sommeil prolongée. Elle évite les coûts de gestion annuels d’une coquille vide. Faites le calcul avant de décider.

Besoin d’un accompagnement sur mesure ?

La mise en sommeil d’une société soulève des questions pratiques sur les obligations résiduelles et les coûts à anticiper. Les experts de Myne vous aident à évaluer la meilleure option selon votre situation.

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joachim benchimol expert comptable Myne

Joachim Benchimol

Expert-comptable & Commissaire aux comptes

Co-fondateur de Myne. Fort d'une expérience en audit légal, Joachim excelle dans la révision comptable, le contrôle interne et le conseil aux PME.

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