Comment calculer l’amortissement d’une immobilisation corporelle ?

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Tout bien acquis par une entreprise pour être utilisé durablement doit être amorti. L’amortissement traduit en comptabilité la dépréciation progressive de ce bien dans le temps. Bien calculé, il réduit le résultat imposable et reflète la réalité économique de votre patrimoine professionnel.

En bref

  • L’amortissement répartit le coût d’une immobilisation sur sa durée d’utilisation prévisible.
  • La méthode linéaire est la plus courante ; la méthode dégressive accélère la déduction fiscale les premières années.
  • Le plan d’amortissement doit être établi dès la mise en service du bien.
  • Certains biens bénéficient de durées ou de régimes spécifiques prévus par la doctrine fiscale.

Qu’est-ce qu’une immobilisation corporelle ?

Une immobilisation corporelle est un actif physique détenu par l’entreprise pour être utilisé dans le cadre de son activité sur plus d’un exercice comptable. Les exemples les plus courants : matériel industriel, véhicules, mobilier de bureau, ordinateurs, agencements de locaux, constructions.

Pour être immobilisé, un bien doit avoir une valeur significative. En pratique, les entreprises fixent un seuil de minimis (souvent 500 € HT) en dessous duquel les achats sont passés directement en charges. Au-dessus, le bien est inscrit à l’actif et amorti.

La méthode linéaire

C’est la méthode de droit commun. Elle répartit le coût du bien de manière égale sur toute sa durée d’utilisation.

Annuité d’amortissement = Valeur brute du bien / Durée d’utilisation (en années)

Le taux linéaire = 100 / Durée en années.

Exemple : un matériel acquis 30 000 € HT, mis en service le 1er janvier, avec une durée d’utilisation de 5 ans :

  • Taux linéaire = 100 / 5 = 20 %
  • Annuité = 30 000 × 20 % = 6 000 € par an

Si le bien est acquis en cours d’année, l’annuité est proratisée en jours. Pour une acquisition le 1er avril (9 mois d’utilisation sur l’exercice) : 6 000 × 9/12 = 4 500 € la première année.

La méthode dégressive

La méthode dégressive est une option fiscale réservée à certains biens neufs. Elle permet d’amortir plus rapidement les premières années, ce qui réduit l’impôt sur les sociétés à court terme. Elle est calculée sur la valeur nette comptable (valeur résiduelle) chaque année.

Le taux dégressif = taux linéaire × coefficient légal. Les coefficients sont fixés par l’article 39 A du CGI :

  • Durée 3 ou 4 ans : coefficient 1,25
  • Durée 5 ou 6 ans : coefficient 1,75
  • Durée supérieure à 6 ans : coefficient 2,25

Exemple : même matériel à 30 000 €, durée 5 ans, taux dégressif = 20 % × 1,75 = 35 %

Année Base (VNC) Dotation dégressive (35 %) VNC fin d’année
1 30 000 € 10 500 € 19 500 €
2 19 500 € 6 825 € 12 675 €
3 12 675 € 4 236 € 8 439 €
4 8 439 € 4 219 € * 4 220 €
5 4 220 € 4 220 € 0 €

* À partir de l’année où le taux linéaire sur la durée résiduelle dépasse le taux dégressif, on bascule sur le linéaire.

💡 Conseil de l’expert Myne — La méthode dégressive génère des dotations plus élevées les premières années, ce qui réduit l’IS à payer immédiatement. C’est un avantage de trésorerie, pas un gain fiscal définitif : le total des amortissements sur la durée est identique. Utilisez-la prioritairement pour les investissements significatifs réalisés lors d’exercices très bénéficiaires.

Les durées d’amortissement usuelles

La durée d’amortissement doit refléter la durée réelle d’utilisation prévue par l’entreprise. La doctrine fiscale (BOFiP) admet des durées d’usage pour chaque catégorie de bien :

Catégorie de bien Durée d’usage admise
Matériel informatique 3 ans
Véhicule de tourisme 4 à 5 ans
Mobilier de bureau 10 ans
Matériel industriel 6 à 10 ans
Agencements et installations 10 à 15 ans
Constructions légères 20 ans
Constructions en dur 20 à 50 ans

L’entreprise peut s’écarter de ces durées si elle justifie que la durée réelle d’utilisation est différente. En cas de contrôle fiscal, la justification doit être documentée.

💡 Conseil de l’expert Myne — En cas de cession d’un bien avant la fin de son amortissement, une dotation complémentaire proratisée doit être enregistrée l’année de la cession. Si le prix de cession est supérieur à la valeur nette comptable, la différence constitue une plus-value professionnelle imposable. Ne gérez pas ces situations sans l’aide de votre expert-comptable.

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La gestion des immobilisations et des plans d’amortissement fait partie des missions de base de votre expert-comptable. L’équipe Myne s’assure que votre comptabilité patrimoniale est correctement tenue et optimisée fiscalement.

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Elie Dichi Expert-Comptable Commissaire aux comptes French CPA Co-fondateur MYNE

Elie Dichi

Expert-comptable & Commissaire aux comptes

Co-fondateur de Myne. Elie met son expertise financière au service des dirigeants. Son approche allie rigueur technique et conseil stratégique pour piloter la performance.

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