Vous encaissez vos premiers abonnements, la plateforme retient sa commission, l’argent arrive sur votre compte bancaire, puis vient la vraie angoisse : comment déclarer ces revenus proprement sans s’exposer à un redressement fiscal ?
En 2026, l’administration fiscale scrute de près les revenus issus des plateformes comme OnlyFans, MYM ou Patreon. Le risque ne vient pas seulement d’un oubli de déclaration, mais surtout d’un mauvais choix de statut juridique ou d’un franchissement de seuil de TVA non anticipé.
Voici le guide complet, rédigé par notre cabinet d’expertise comptable, pour sécuriser votre activité de créateur de contenu.
💡 Ce qu’il faut retenir :
- Déclaration obligatoire : Vos revenus OnlyFans/MYM sont imposables dès le 1er euro (directive DAC7). L’administration fiscale y a accès.
- Choix du statut : La micro-entreprise (auto-entrepreneur) est idéale pour débuter (plafond 77 700 €), mais la création d’une société (SASU/EURL) devient indispensable si vos charges explosent.
- Le piège de la TVA : Si vous dépassez 39 100 € de recettes annuelles, vous devez gérer la TVA internationale, une étape souvent fatale lors d’un contrôle fiscal.
- Notre conseil : Ne confondez jamais votre chiffre d’affaires brut (ce que l’abonné paie) avec votre encaissement net (après commission de la plateforme) lors de vos déclarations à l’URSSAF.
Faut-il déclarer ses revenus OnlyFans et MYM aux impôts ?
La réponse courte est oui, dès le premier euro encaissé.
L’administration fiscale considère que si vous publiez du contenu, animez une communauté et encaissez de façon habituelle, il s’agit d’une activité professionnelle indépendante (selon l’article L.121-1 du Code de commerce pour les activités commerciales, ou dans la catégorie des BNC pour des prestations pures).
Il est faux de penser que les revenus générés sur des plateformes étrangères échappent au fisc français. En vertu de la directive européenne DAC7, les plateformes comme OnlyFans sont désormais obligées de communiquer automatiquement les revenus de leurs créateurs aux autorités fiscales européennes.
Quel statut juridique choisir pour un créateur de contenu ?
Pour être en règle, vous devez créer une structure légale. Deux grandes options s’offrent à vous, selon votre volume de revenus et vos charges.
La micro-entreprise (auto-entrepreneur) : pour débuter simplement
C’est le statut le plus choisi au lancement. Vous déclarez votre chiffre d’affaires (attention, le chiffre brut avant commission de la plateforme) à l’URSSAF.
- Le plafond : En 2026, le plafond pour la prestation de services est fixé à 77 700 €.
- Avantages : Comptabilité allégée, cotisations sociales proportionnelles à ce que vous encaissez.
- Inconvénients : Vous ne pouvez pas déduire vos frais professionnels (matériel vidéo, lingerie, location de studio, montage). Si vos charges sont élevées, ce régime n’est pas rentable.
La création d’une société (SASU ou EURL) : pour investir et se protéger
Si vos revenus explosent (plus de 5 000 € / mois) ou que vos frais de production (matériel, agence de communication, monteur) sont lourds, il est temps de passer au régime réel via une société.
- Avantages : Vous êtes imposé sur votre bénéfice net, et non sur votre chiffre d’affaires. Vous pouvez déduire toutes vos dépenses professionnelles.
- Inconvénients : Formalités de création plus lourdes et obligation de tenir une comptabilité rigoureuse certifiée par un expert-comptable.
Le piège de la TVA sur OnlyFans et MYM
C’est l’angle mort qui coûte le plus cher aux créateurs lors d’un contrôle fiscal. Même en micro-entreprise, vous n’êtes pas à l’abri de la TVA.
Si vous dépassez le seuil de franchise en base de TVA (39 100 € en 2026 pour la prestation de services), vous devez impérativement facturer et déclarer la TVA.
- Étant donné qu’OnlyFans est basée au Royaume-Uni (hors UE), des règles d’autoliquidation de la TVA ou de territorialité complexes s’appliquent.
- Le conseil Myne : Ne raisonnez jamais « au feeling » avec la TVA. Anticipez vos seuils sur 12 mois glissants pour éviter de devoir rembourser 20 % de vos revenus au fisc en fin d’année.
Lois et protection : Que dit la réglementation pour les créateurs adultes ?
Si vous produisez du contenu pour adultes, vous êtes soumis à un cadre légal très strict.
- Loi Influenceurs (Loi n° 2023-451 du 9 juin 2023) : Bien qu’elle vise principalement l’influence commerciale, elle impose des règles de transparence.
- Protection des mineurs : C’est une règle absolue. Le droit français (Code pénal) punit très sévèrement toute dérive. Les plateformes exigent des vérifications d’âge strictes, mais vous êtes également responsable de votre conformité.
- Protection de l’image (Article 226-2-1 du Code pénal) : En cas de fuite de vos contenus payants sur des forums publics (revenge porn ou piratage), vous disposez de leviers pénaux pour agir.
Pourquoi faire appel à un expert-comptable spécialisé OnlyFans ou MYM ?
Quand les revenus s’emballent, un simple fichier Excel ne suffit plus. Chez Myne, nous accompagnons les créateurs de contenu pour :
- Choisir le bon code APE lors de l’immatriculation.
- Gérer la complexité de la TVA internationale.
- Déduire légalement vos charges (téléphone, abonnement internet, matériel, loyer sous conditions).
- Transformer un revenu éphémère en patrimoine durable (optimisation fiscale, holding).